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Les textes des lauréats du concours
Je roule vert... 1ère position ex-aequo
1ère position ex-aequo La vie en VUS Texte de : Geneviève Ricard - Montréal Bien au chaud dans mon effet d’serre Je regarde agoniser la terre Mais voyons, il faut pas s’en faire C’est le ministre qui l’a dit hier Bien au frais dans mon VUS J’commets quelques impolitesses Les vélos, c’est une vraie tristesse Ça m’empêche de faire d’la vitesse Arrête donc de m’juger Laisse-moi donc polluer J’ai payé assez cher Pour mon utilitaire Et quand la ville étouffe Que tes enfants s’essoufflent Ben c’est pas d’mes affaires Tasse-toi donc, tu m’pompes l’air! Derrière l’autobus je m’enrage C’est comme si j’étais pris en otage La rue c’pas fait pour le partage J’suis en r’tard, gros épais, fa’q dégage! Ça c’est sans parler des piétons Y’en a à toutes les intersections Pis faudrait que j’fasse attention Y’auraient priorité les colons! Arrête donc de m’juger Laisse-moi donc polluer J’ai payé assez cher Pour mon utilitaire Et quand la ville étouffe Que tes enfants s’essoufflent Ben c’est pas d’mes affaires Tasse-toi donc, tu m’pompes l’air! Me v’là enfin au centre-ville À’sortie du métro, les dociles Me font des gros yeux pas subtils Ben moi au moins j’attends pas en file J’cherche une demi-heure un stationnement De ma voiture, enfin, je descends J’ai comme un p’tit étourdissement La chaleur et le smog c’t’épuisant Arrête donc de m’juger Laisse-moi donc polluer J’ai payé assez cher Pour mon utilitaire Et quand la ville étouffe Que tes enfants s’essoufflent Ben c’est pas d’mes affaires Tasse-toi donc, tu m’pompes l’air! 1ère position ex-aequo Requiem écolo Texte de : Renée Thivierge - Laval J’voulais pas te faire de peine J’ai tell’ment voulu te garder J’y ai pensé pendant des semaines J’ai fini par me décider Adieu mon beau petit bolide C’est fini, je prendrai l’métro Je suis une pauvre humanoïde Qui vient d’r’virer écolo… J’ai tant aimé nos promenades Nos trottes jusqu’à Chibougamau Not’camping et puis nos baignades Et même la s’maine à Toronto J’me sens comme une infanticide D’t’avoir vendu sans dire un mot Tu m’suppliais d’un air timide Mais j’venais de r’virer écolo… T’étais si beau, si métallique Qu’j’en oubliais l’prix du sans plomb Quand j’parlais de ta mécanique On aurait dit d’l’adoration Quand t’es parti, j’me sentais vide J’ai même perdu deux trois sanglots Tout l’monde m’ont dit qu’j’étais stupide Y m’ont traitée d’snob d’écolo… Mais si je songe aux conséquences Plus loin qu’mon nez, au bout d’mon cœur C’t’à ma planète qu’il faut que j’pense Au lieu d’triper sur un moteur J’veux qu’mes marmots soient intrépides Qu’ce soit à pied ou à vélo Au nom de tous les humanoïdes C’pour ça qu’j’ai r’viré écolo… Je t’ai troqué contre une bécane Et je commence à t’oublier J’apprends à gérer les dos-d’âne Les nids-de-poule, les policiers Et je m’sens de moins en moins vide C’t’hiver, je prendrai le métro J’suis p’tète idiote, mais j’suis lucide On finira tous écolo… Comme ça à rouler Texte de : Mélanie Vincent - Drummondville Comme un moment d’arrêt, Sur une vie qui s’essouffle, Le bonheur aux aguets, Viendra calmer ma course. Comme un point de repos, S’imposant juste à temps, Me laissant fuir le boulot, La ville et l’épuisement. Dire qu’il y a pas si loin, Des champs à perte de vue, Loin des bruits citadins, Et du béton des rues. C’est par là que j’irai, Rouler ma dérision, Changer le monde en pensées, Sans aucune prétention. C’est ainsi que je pourrai, M’imprégner d’existence, De forêts épargnées, Et de nature immense. C’est comme ça à rouler, Sur des routes vertes de vie, La pense estomaquée, De splendeurs, d’infini. C’est comme ça à rouler, Que m’est venu la conscience, Qu’il faudra préserver, Ces lieux source d’allégeance. Le somnambule Texte de : Daniel Martel Racine - Montréal La nuit je me lève Me promène au milieu de la rue Mes pieds se soulèvent Sans se soucier des charrues Marcher de travers Suivant le code de ma déroute Mes yeux aux feux verts Signale notre route Ne pas se réveiller Ne pas me réveiller Dans le trafic Rêver D’une ville sans voiture De file de verdure Rêver La nuit je me conduis Me dandine aux intersections Mes jambes sauf-conduits Source d’aucune pollution Courir à travers Des autoroutes dénudées Mes talons persévèrent Témoin des mètres asphaltés Ne pas se réveiller Ne pas me réveiller D’un coup de klaxon Rêver D’une ville sans voiture De file de verdure Rêver La nuit je me lève Me ballade entre les trottoirs Mes orteils soulèvent Des enjeux notoires Rêver D’une ville sans voiture De file de verdure Rêver Ne pas me réveiller Dans le trafic …A sept si…Asepsie… Texte de : Sylvie Caillé - Cap Santé Des tonnes de carburant Dépensées tous les jours Entre les mains son volant Et des kilos de détours Ben assis sur son derrière La calotte de travers ou talons hauts, pied pesant Foutaise l’environnement ! Et je roule, à vélo à sept heures à l’envers S’il fallait qu’j’prenne mon air dans une bulle de verre Et je roule, à vélo à sept heures à l’envers Récupérons la terre et changeons l’atmosphère L’hiver en démarrant Démarreur à distance Bombes à retardement Demain des conséquences Les gaz incolores Nous tuent à petits feux Et les huards s’évaporent En grosse boucane bleue Et je roule, à vélo à sept heures à l’envers Si faut que j’respire mon air dans une bulle de verre Et je roule, à vélo à sept heures à l’envers J’pense qu’une nouvelle ère pourrait sauver notre terre Un autobus urbain Rempli de passagers 40 autos en moins Gaz économisé Le covoiturage sert Pas juste aux étudiants Aussi aux hommes d’affaires Et ceux des gouvernements Et je roule à vélo à l’envers à sept heures S’il fallait qu’prenne mon air dans une bulle de verre Et je roule à vélo à l’envers à sept heures Dans la nouvelle ère pour sauver notre terre Roulez à vélo, c’est l’heure zéro de l’an vert… Pour sauver notre terre des erreurs d’hier Et je roule à vélo à cette heure c’est l’an vert Et je roulerai à vélo pour changer l’atmosphère… Avoituré Texte de : Jean-François Doré - Sherbrooke Toutes les agressantes Pubs télédiffusées Toutes les irritantes Campagnes : chaqu’ mois, payez ! Ne me rendent pas alléchant L’achat spontané d’un Gouffre financier ambulant Sans tous ces paiements mensuels À la chronique circulation On nous dit quel route ou quel pont N’est plus en mouvement Mais est, gratuit, un station’ment ! Mais est, gratuit, un station’ment ! Toutes les fluctuations Du cher prix de l’essence Et les réclamations Des polices d’assurance Ça me laisse indifférent J’économise sans un Gouffre financier ambulant Sans la peur de se faire voler Homo ignorans mecanist, Je ne connais pas Jacques Duval Mais, c’est pas c’qui m’attriste ! Qu’est-ce que ce serait à Montréal ? Qu’est-ce que ce serait à Montréal ? Dans l’bus, j’asperge en douce Cette fort’ senteur de housse Par mes dés en minou, Je peux être kitsch partout ! Ce feeling sous-jacent N’est pas le mien sans un Gouffre financier ambulant Sans tous ces paiements mensuels |